Il n’y a pas que dans les NEWS qu’il y a des FAKE !

Fake atypique consulting
ou comment noyer le poisson ?

Notre communication au quotidien est rythmée par les réseaux numériques. On en connaît les dérives qu’on essaie tant bien que mal de contrôler. Malgré tout on tague, on tweete, on like, on poke… Parfois même, on ne sait plus faire le distinguo entre le vrai et le faux.

Les fameux fake news prennent plus de temps et d’espace que LA vraie information reléguée au second plan. Et qu’en est-il dans notre communication interpersonnelle ? On m’a conté dernièrement une histoire à ce propos !

Vrais faits et faux semblants

Il ne s’agit pas de communication virtuelle mais bien d’échanges réels entre personnes. Un cabinet de consulting avait été sollicité pour répondre à un appel d’offre. Le commanditaire avait fait état de besoins spécifiques : nouveauté, expérimentation, décalage, bien être… et tout cela bien évidemment dans la bienveillance ! Ah la bienveillance !

Le cabinet en question avait travaillé dur. Les étapes s’étaient succédées, au fur et à mesure encouragées par l’initiateur qui montrait un intérêt tout à fait prononcé pour cette démarche. Arrivé au jour de la validation finale, le cabinet en question n’était pas peu fier du chemin parcouru. Cependant, tout restait à faire bien entendu. Aussi, le synopsis exigé pour l’ultime décision avait demandé un gros investissement et c’est avec détermination que les concepteurs se présentaient à l’appréciation du jury.

Tout se passa très bien. Il fut remarqué toutefois que les examinateurs avaient, un tant soit peu, été avares de questionnement. Aussi, l’accueil, l’engouement et le discours d’encouragement, s’ils n’avaient été entachés de quelques signaux non verbaux contraires, auraient présumé d’une issue à priori favorable. Ah les aprioris !

 « Vous êtes qui ? »

C’est ainsi que l’un des membres du cabinet fut accueilli au téléphone, après avoir tenté à maintes reprises de joindre le correspondant du service concerné. Il faut dire que normalement, ce n’était pas dans ce sens-là que les événements auraient dû se dérouler puisque c’était lui, le correspondant, qui devait informer le prestataire de leur décision ! A échéance, un jour s’était écoulé, puis deux, sans aucune nouvelle ! Et enfin, « Vous êtes qui ? ». Quelle stupéfaction ! A la question « sommes-nous retenus ? », évidemment la réponse fut « non » sans aucun état d’âme ni aucune explication !

Dans ce récit, ce n’est pas tant la déception qui prédomine. Ce sentiment est présent et c’est normal en de telles circonstances. C’est le jeu de l’appel d’offre et chacun sait bien que plaire à tout le monde est impossible ! Il ne faut d’ailleurs pas omettre de féliciter ceux qui ont su prendre toute la mesure de cet imbroglio ! Non, ce qui m’a frappé lorsqu’on m’a raconté cette histoire, c’est l’amertume qu’on ressent soi-même et cette sensation malaisante qu’elle procure, tant ce mépris est accablant. Quelles que soient leurs raisons, c’est très difficile, n’est-ce pas, de ne pas en vouloir à ces personnes ? C’est indéniable, les ressentiments négatifs que de tels agissements provoquent.

Il ne s’agit pas seulement là d’un fake new, une information fausse divulguée à mauvais escient à laquelle chacun peut ou non apporter son point de vue ! Non, il s’agit d’une vraie situation pour laquelle les instigateurs se confondent à la fois dans un besoin exprimé, la nécessité de faire agir et l’absence de considération en retour. Et malheureusement ce n’est pas une fiction ! Alors comment est-ce possible ? Comment peut-on à tel point manquer aux règles essentielles de savoir-vivre ?

Deux argumentations peuvent étayer ce scénario :

  • Soit, les protagonistes sont fondamentalement des personnes aux méthodes douteuses, insoucieuses du bien-être d’autrui et ignorant tout des bonnes manières ;
  • Soit, elles agissent, malgré elles, par habitude, calquées sur des modes de communication de plus en plus standardisées.

La première est triste et déplorable. La seconde, en revanche, témoigne d’une dérive de plus en plus remarquée dans les échanges.

Habitude et banalisation

En effet, dans les réseaux sociaux, il est facile de mettre un terme à une discussion avec un interlocuteur lorsqu’on ne le connaît pas ou peu. On le sait, ça fait presque partie des codes et même si ça ne justifie rien, il est de mise de ne pas s’en offusquer. Malheureusement, ces manières sont aussi de plus en plus observées dans les vrais rapports entre les personnes. Et cet épisode l’illustre bien. Le commanditaire a d’abord confondu: attirer l’attention et solliciter. Puis n’a cessé de « liker » et « taguer » quand il le fallait pour arriver à ses fins. Ensuite, plus rien ! Comme si ça n’avait plus d’importance, comme si le groupe de discussion était clos ! Comme si cette communication était à sens unique loin de toute déontologie.

Nos moyens technologiques ont standardisé notre quotidien. La limite des domaines de l’information et de la communication s’amalgame et mesurer les conséquences fait de moins en moins partie des préoccupations prioritaires. En réalité, la bienséance s’amenuise. Notre communication est pervertie par la banalisation de nos systèmes et n’a peut-être plus sa vocation à permettre les vrais échanges.

Comment se reconnecter vraiment ?

Cette banalisation induit malgré nous une certaine manière de vivre ou subir les événements au quotidien. Elle rend les choses ordinaires et éloigne parfois tant de la réalité qu’on en oublie l’essence même de nos actes.

Bruno Patino, dans son « petit traité sur le marché de l’attention » (chez Grasset) décrit cela comme une tendance à switcher de plus en plus vite via les écrans, dans notre communication avec les personnes, les événements et les choses. Il dit :

« Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour… 8 secondes, c’est la durée maximale de son attention. 9 secondes, c’est la durée d’attention de la génération des millenials… Nous sommes devenus des poissons rouges… »

Ça fait froid dans le dos, mais il semblerait pourtant, au regard de cet épisode, que ce comportement digital déteint de plus en plus sur celui de la vie réelle et de ses relations quotidiennes. La preuve en est qu’en un rien de temps, toute communication a cessé entre les protagonistes de cette histoire! Que ne puis-je vous encourager vivement à la lecture de ce livre qui offre une vision très claire sur la transformation de nos pratiques et la modélisation de nos comportements !

Pour ma part, je me ferai par ailleurs un plaisir de poursuivre cette réflexion, si vous le souhaitez, pour aborder plus précisément la question des prises de conscience et de l’expérimentation nécessaires en vue d’une communication interpersonnelle maîtrisée.

Une chose est sûre, le poisson rouge n’a pas le choix ; nous, si ! Alors, gardons cet avantage précieux pour ne pas nous noyer dans notre environnement !

Olivier Gesbert – Atypique Consulting

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